Le conte et le MEAH en rééducation
 

La narration est un élément essentiel de la réadaptation pour les patients qui acceptent les conséquences et les pertes des maladies chroniques. Cela s'explique notamment par le fait que les récits permettent des comparaisons sociales qui, si elles sont positives, constituent un mécanisme central par lequel la santé physique et mentale peut bénéficier [1]. En partageant des histoires positives de maladie, les individus sont en mesure de réfléchir à la manière dont le changement et la vie avec la maladie sont possibles. Partager des histoires est une approche efficace et non conflictuelle pour changer les attitudes et les comportements. Les histoires n'impliquent pas le jugement d'une autre personne, elles permettent plutôt à l'auditeur de choisir de changer et sont importantes pour établir la confiance dans la rencontre thérapeutique.

La raison pour laquelle le partage d’histoires peut être si bénéfique peut être comprise en considérant l’intrigue d’histoires. Les tracés narratifs courants contiennent différentes représentations de l'adaptation psycho-émotionnelle et de l'espoir en relation avec la maladie. Par conséquent, le partage d'histoires peut fournir une illustration puissante de la manière dont l'adaptation, l'adaptation et la gestion de la maladie sont possibles. La recherche a utilisé le modèle de l'émotion, de l'adaptation et de l'espoir (MEAH) pour illustrer ceci [2]. Comprendre comment chaque parcelle correspond au MEAH peut donner une idée de la façon dont le partage d'histoires peut offrir de l'espoir, des changements dans les émotions et une adaptation psychologique. Ceci est important car l'expérience clinique peut permettre de juger de ce que le récit de l'histoire représente dans le contexte de la réadaptation. Par exemple, environ la moitié des étudiants en physiothérapie de dernière année ont décrit une histoire racontée par une personne souffrant d'une lésion de la moelle épinière comme "irréaliste" et un quart environ comme "non acceptée" ou "en désaveu" lorsqu'elle visait une restauration complète [3 ]. Le danger est que des mots simples tels que réaliste ou déni puissent se concentrer sur ce qui est perçu comme étant faux ou juste, ou ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas dans le processus de réadaptation. Ces mots peuvent représenter une compréhension de l’adaptation en termes de modèles d’adaptation psychologique à l’étape ou en phase (par exemple, déni, acceptation, colère, négociation) et d’espoir par rapport à des objectifs (par exemple, des voies et des agents). Cela contraste avec la complexité des réponses à la maladie identifiées par le MEAH. Les professionnels de santé ont besoin de comprendre quelles histoires récurrentes sont racontées par des personnes atteintes de maladies chroniques dans leur environnement de travail. Il faut insister sur la nécessité de les écouter plutôt que de les corriger. Cela améliorerait probablement la rencontre thérapeutique, créerait des relations thérapeutiques de confiance et encouragerait un changement de comportement.

 

References 

  1. Thoits, P. (2011).  Mechanisms linking social ties and support to physical and mental health. Journal of Health and Social Behaviour, 52: 145-461.

  2. Soundy, A. (2018). The psycho-emotional content of illness narrative master plots for people with chronic illness: Implications for assessment. World Journal of psychiatry, 8: 79-82. 

  3. Soundy, A., Smith, B., Cressy, F., Webb, L. (2010). The experience of spinal cord injury: using Frank’s narrative types to enhance physiotherapy undergraduates’ understanding. Physiotherapy, 96: 52-58.